Les incendies de forêt
Comment ils se déclarent, comment les prévenir et comment les forêts se régénèrent
En août 2021, les incendies de forêt ont brûlé 160 000 hectares de forêt en Italie en quelques mois seulement — de la Sicile et la Sardaigne aux Alpes. Les images de forêts en flammes, la fumée recouvrant les villes et les animaux en fuite ont fait la une des journaux mondiaux. Mais que savons-nous vraiment sur les incendies de forêt ? Et que pouvons-nous faire ?
nnLa physiologie du feu en forêt
nnUn incendie de forêt nécessite trois éléments — le triangle du feu : le combustible (biomasse végétale sèche), le comburant (oxygène) et la source d'ignition (étincelle ou température élevée). Dans une forêt méditerranéenne ou de conifères en été, le combustible est abondant (herbe sèche, litière de feuilles, brindilles mortes). Le comburant est partout. Le seul facteur souvent absent est la source d'ignition — et dans la grande majorité des cas, l'ignition est d'origine humaine, soit volontaire, soit accidentelle. Les données du Corps forestier de l'État montrent que plus de 90 % des incendies de forêt en Italie sont d'origine anthropique : volontaires (allumés intentionnellement), par négligence (cigarettes, feux de camp, brûlage de chaumes) ou causés par les infrastructures (lignes électriques, étincelles de train). Les incendies naturels (foudre) sont relativement rares en Italie. Une fois allumé, le feu se propage en fonction du vent (qui apporte de l'oxygène frais et transporte les braises), de la pente (le feu se propage plus vite en montée) et du type de végétation (les forêts de conifères brûlent beaucoup plus facilement en raison de la teneur en résine).
nnLe rôle écologique du feu : ce n'est pas que de la destruction
nnDans de nombreux écosystèmes méditerranéens, le feu a joué un rôle écologique naturel pendant des millénaires. Avant que les humains ne supprimaient systématiquement les incendies, les forêts méditerranéennes brûlaient à intervalles réguliers (tous les 5 à 30 ans, selon le type de végétation), maintenant un paysage ouvert et diversifié. De nombreuses espèces végétales méditerranéennes se sont adaptées au feu : le filaire, le chêne vert, l'arbousier et le maquis haut se régénèrent vigoureusement à partir de leurs racines après le passage du feu. Certaines plantes forestières australiennes ont des graines qui ne germent qu'après un incendie (la même stratégie utilisée par les séquoias géants en Amérique). Le problème n'est pas le feu lui-même — c'est la fréquence et l'intensité : les incendies trop fréquents ne laissent pas le temps à la végétation de se rétablir ; les incendies trop intenses (causés par l'accumulation de biomasse sèche due à la suppression artificielle des incendies) tuent même les espèces adaptées au feu. La politique de suppression totale des incendies adoptée au XXe siècle en Europe et en Amérique a souvent aggravé le problème, accumulant du combustible pendant des décennies et finissant par produire des incendies catastrophiques au lieu des incendies de faible intensité qui auraient maintenu l'écosystème en équilibre.
nnLe système de gestion des incendies en Italie
nnLe système italien de prévention et de suppression des incendies de forêt comprend : le Corps forestier (fusionné ultérieurement avec les Carabinieri Forestali) pour la prévention, la surveillance et les enquêtes initiales ; les Pompiers pour la lutte contre les incendies au sol ; la flotte aérienne de la Protection civile (Canadair CL-415, Hercules, hélicoptères) pour la lutte aérienne contre les incendies. En été, les régions à haut risque activent des systèmes de surveillance active (tours de guet, patrouilles aériennes, caméras de détection automatique de fumée). La phase de prévention — dégagement de la végétation sèche le long des routes, création de coupe-feu, sensibilisation du public — est la plus importante mais souvent la plus négligée en raison du manque de ressources. Le rôle des pompiers volontaires (Protection civile, Corps national de sauvetage en montagne) est essentiel dans la gestion des urgences locales.
nnAprès l'incendie : la forêt renaît
nnLa régénération d'une forêt après un incendie suit des schémas prévisibles. Dans les premiers mois : les espèces herbacées pionnières (chardons, figuiers de Barbarie, graminées annuelles) colonisent rapidement le sol brûlé. Dans la première année : les rejets des racines des arbustes adaptés au feu (chêne vert, arbousier, filaire, ronce) émergent vigoureusement. En 2-5 ans : le sous-étage se rétablit ; les espèces d'arbres à croissance plus rapide (pin, bouleau, peuplier, sorbier) commencent à coloniser. En 10-20 ans : la couverture arborée se referme progressivement. En 50-100 ans : la forêt se rapproche à nouveau de son état d'avant l'incendie. Ce processus naturel peut être accéléré par des efforts de reboisement actif, mais il nécessite une sélection minutieuse des espèces — replanter les mêmes monocultures de pins qui brûlaient facilement est contre-productif.
La forêt brûle puis repousse. Elle l'a toujours fait. Le problème n'est pas le feu — c'est que nous brûlons trop souvent, trop intensément, et les forêts n'ont pas le temps de se rétablir entre les incendies. Le feu n'est pas l'ennemi de la forêt. Notre incapacité à le gérer l'est.
Comment se comporter pendant et après un incendie de forêt
- Prévention quotidienne : ne jamais allumer de feux en plein air pendant les mois à haut risque (généralement juin à septembre, avec des variations régionales). Ne jetez pas de cigarettes allumées par la fenêtre de votre voiture. Ne brûlez pas les chaumes pendant les périodes d'interdiction (consultez les ordonnances locales). Ne garez pas votre voiture avec un pot d'échappement chaud sur l'herbe sèche.
- Signalement rapide : si vous apercevez de la fumée dans une zone forestière, appelez immédiatement le numéro d'urgence 112 (ou 1515 pour le Corps forestier) en indiquant la localisation précise à l'aide du GPS ou de repères visibles. La rapidité du signalement est cruciale : un incendie détecté dans les 5 premières minutes est beaucoup plus facile à maîtriser qu'un incendie détecté après 30 minutes.
- Si un incendie est à proximité : ne tentez jamais d'éteindre seul un incendie de forêt — c'est dangereux. Déplacez-vous rapidement dans une direction perpendiculaire ou opposée au vent, pas vers le feu. Ne courez pas vers le haut (le feu se propage plus vite en montée que vous ne pouvez courir). Si vous êtes en voiture, ne traversez pas les routes coupées par le feu. Appelez les services d'urgence et suivez les instructions des autorités.
- Rejoindre le bénévolat en lutte contre les incendies : les associations de bénévoles de la Protection civile dans de nombreuses régions italiennes proposent des cours de formation pour les bénévoles en lutte contre les incendies de forêt. C'est l'une des formes les plus concrètes et les plus utiles du bénévolat environnemental disponible en Italie.
- Visiter une zone brûlée quelques années auparavant : emmener les enfants dans une zone brûlée 2 à 3 ans plus tôt est l'une des leçons les plus immédiates et positives sur la résilience des écosystèmes. Voir la végétation repousser vigoureusement, les espèces pionnières coloniser le sol noirci, les premiers arbustes offrant déjà de l'ombre — c'est la preuve concrète que la nature ne renonce pas. La forêt recommence toujours.
La grande majorité des incendies de forêt en Italie sont évitables. Il n'est pas nécessaire d'avoir une technologie avancée : ce qu'il faut, c'est que chaque personne qui entre dans une forêt en été ne fasse pas de feu, ne laisse pas de cigarettes ou de braises de barbecue dans l'herbe. Prévenir un incendie ne coûte rien. Les conséquences de ne pas le faire coûtent parfois une forêt entière.
Questions fréquemment posées
Quel est le rôle écologique naturel du feu dans les forêts méditerranéennes ?
Le feu dans les forêts méditerranéennes joue un rôle écologique naturel, maintenant un paysage ouvert et diversifié. De nombreuses espèces végétales se sont adaptées au feu, repoussant à partir de racines ou ne germinant qu'après le passage des flammes, contribuant ainsi au renouvellement de l'écosystème.
Comment prévenir efficacement un incendie de forêt pendant les mois à haut risque ?
La prévention efficace comprend le fait de ne pas allumer de feux en plein air, d'éviter de jeter des cigarettes allumées, de ne pas brûler les chaumes pendant les périodes d'interdiction et de ne pas garer les voitures avec un pot d'échappement chaud sur l'herbe sèche. La sensibilisation du public et le dégagement de la végétation sèche sont essentiels.
Que se passe-t-il dans la forêt après un incendie et combien de temps faut-il pour qu'elle se rétablisse ?
Après un incendie, la forêt se régénère par phases : les espèces herbacées pionnières colonisent immédiatement, les arbustes adaptés au feu repoussent dans la première année, les arbres à croissance rapide colonisent en 2 à 5 ans, et le couvert forestier se referme en 10 à 20 ans. La forêt peut revenir à son état d'avant l'incendie en 50 à 100 ans.
Quand faut-il signaler un incendie de forêt et quel est le comportement correct en sa présence ?
Il est essentiel de signaler un incendie immédiatement en voyant de la fumée en appelant le numéro d'urgence avec la localisation précise. En présence du feu, ne tentez pas de l'éteindre seul, éloignez-vous perpendiculairement au vent, et ne vous dirigez pas vers le haut ou vers les routes coupées par le feu, en suivant les instructions des autorités.
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