Thyroïde
Les aliments qui aident et ceux qui nuisent
La thyroïde est une petite glande en forme de papillon à la base de votre cou qui produit les hormones thyroïdiens (T3 et T4) affectant chaque cellule de votre corps : le métabolisme, la fréquence cardiaque, la température corporelle, l'humeur, la force musculaire, la croissance et le développement cérébral. Les maladies thyroïdiennes sont parmi les plus courantes : l'hypothyroïdie (production insuffisante) affecte 5–8 % des femmes et 2–3 % des hommes. La thyroïdite de Hashimoto (la cause autoimmune la plus courante de l'hypothyroïdie) est en augmentation. L'alimentation joue un rôle significatif à la fois dans la prévention et le soutien du traitement des maladies thyroïdiennes.
nnNutriments essentiels pour la thyroïde
nnIode : c'est le principal élément constitutif des hormones thyroïdiennes (T4 contient 4 atomes d'iode, T3 en contient 3). L'apport quotidien recommandé est de 150 mcg pour les adultes, 220 mcg pendant la grossesse. La carence provoque l'hypothyroïdie et le goitre (élargissement de la thyroïde). Principales sources : les algues (la source la plus riche : le kombu peut contenir plus de 2 600 mcg par gramme—attention à l'excès), les poissons de mer et les fruits de mer (50–150 mcg pour 100 g), le lait de vache (50–100 mcg pour 200 ml), le sel iodé (le plus fiable en Italie, où la carence historique en iode est importante).
nnSélénium : essentiel pour convertir la T4 en T3 (la forme active). La sélénoprotéine désiodinase transforme la T4 en T3 en utilisant le sélénium comme cofacteur. Il protège également la thyroïde du stress oxydatif (la glande produit beaucoup de peroxyde d'hydrogène lors de la synthèse des hormones). La carence en sélénium réduit la production de T3 et augmente les dommages oxydatifs thyroïdiens. Sources : les noix du Brésil (deux noix couvrent vos besoins quotidiens), le thon et le saumon, la viande et la volaille, les œufs.
nnZinc : un cofacteur dans la synthèse des hormones thyroïdiennes et dans le métabolisme de l'hormone TSH hypophysaire. La carence provoque l'hypothyroïdie et une réponse TSH réduite. Sources : la viande rouge, les graines de courge, les légumineuses, les huîtres.
nnFer : la peroxydase thyroïdienne (une enzyme clé dans la synthèse des hormones thyroïdiennes) est une protéine contenant du fer. L'anémie par carence en fer réduit l'activité de cette enzyme et compromet la synthèse des hormones thyroïdiennes. Chez les femmes ayant des saignements menstruels abondants, l'anémie par carence en fer peut être une cause cachée d'hypothyroïdie subclinique.
nnGoitrogènes : les aliments qui interfèrent avec la thyroïde
nnLes goitrogènes sont des composés qui interfèrent avec la fonction thyroïdienne, principalement en inhibant l'absorption d'iode. On les trouve principalement dans les légumes crucifères : le brocoli, le chou-fleur, le chou, les choux de Bruxelles, la roquette, les radis et les navets. Ils contiennent des glucosinolates qui sont convertis en isothiocyanates et thiocyanates (goitrogènes actifs) par la myrosinase (une enzyme activée par la coupe ou la mastication). La cuisson inactif la myrosinase, réduisant considérablement la production de goitrogènes actifs.
nnLa question critique : les légumes crucifères sont-ils dangereux pour la thyroïde ? La réponse est non, dans des conditions normales avec un apport en iode adéquat. Les légumes crucifères cuits sont pratiquement exempts d'effets goitrogènes significatifs. Crus, en petites quantités, ils sont acceptables même avec Hashimoto. Seule une consommation très élevée de légumes crucifères crus (des centaines de grammes par jour) pourrait interférer avec la thyroïde chez les personnes ayant une carence en iode préexistante. N'excluez pas les légumes crucifères de votre alimentation : ils sont trop riches en nutriments (sulforaphane, vitamine C, folates). Cuisez-les si vous avez Hashimoto avec une hypothyroïdie incontrôlée.
nnLe soja et la thyroïde
nnLes isoflavones de soja interfèrent avec la peroxydase thyroïdienne in vitro. Dans les études cliniques chez les patients prenant de la lévothyroxine (Synthroid), le soja réduit l'absorption du médicament s'il est consommé au même moment : attendez au moins 3–4 heures entre la consommation de soja et la prise de lévothyroxine. Pour les personnes ayant une fonction thyroïdienne normale et un apport en iode adéquat, la consommation modérée de soja ne provoque pas d'hypothyroïdie. Pour ceux ayant Hashimoto : la modération est raisonnable, mais l'élimination totale n'est pas nécessaire.
nnRégime alimentaire pour la thyroïdite de Hashimoto
nnHashimoto est une maladie autoimmune : appliquez les principes d'un régime anti-inflammatoire. L'élimination du gluten n'a de sens que si la maladie cœliaque est présente (la coexistence de Hashimoto et de la maladie cœliaque est plus fréquente que par hasard). Un régime sans gluten sans maladie cœliaque manque de preuves solides pour réduire les anticorps anti-thyroïdiens chez les patients euthyroïdiens atteints de Hashimoto. Sélénium : la supplémentation en sélénium (200 mcg par jour) réduit significativement les anticorps anti-TPO (anti-peroxydase thyroïdienne) chez les personnes atteintes de Hashimoto—l'une des conclusions les plus reproduites dans la littérature. Vitamine D : souvent déficiente dans Hashimoto, sa supplémentation a des effets immunomodulateurs.
La thyroïde demande peu : l'iode du sel iodé, le sélénium de deux noix du Brésil, le zinc des graines de courge. Elle souffre de : régimes extrêmement pauvres en graisses, carence en fer, et excès de légumes crucifères crus chez ceux qui ont déjà des problèmes. Un bilan nutritionnel annuel la maintient équilibrée pendant des décennies.
Comment optimiser la prise de lévothyroxine avec l'alimentation
Si vous prenez de la lévothyroxine (Synthroid ou équivalent) : prenez-la à jeun, au moins 30 à 60 minutes avant le petit-déjeuner. Les aliments et suppléments suivants réduisent son absorption et doivent être espacés de 4 heures : le calcium (lait, yaourt, suppléments), le fer (suppléments, repas riches en fer), le soja, le café (même le café noir réduit l'absorption), les fibres très élevées. Ne changez pas de marque de lévothyroxine sans consulter votre médecin : les petites différences de biodisponibilité peuvent modifier votre TSH.
Suivi thyroïdien complet : quels tests
La TSH seule ne suffit pas. Un suivi complet comprend : la TSH (dépistage standard), la T4 libre (thyroxine libre, mesure l'hormone active en circulation), la T3 libre (triiodothyronine libre : souvent basse même avec une TSH normale chez ceux qui convertissent mal la T4 en T3), les anticorps anti-TPO et anti-thyroglobuline (pour la thyroïdite de Hashimoto), le sélénium sérique (si vous suspectez une carence), la vitamine D. De nombreux symptômes de l'hypothyroïdie (fatigue, dépression, prise de poids) persistent malgré une TSH normale si la T3 libre est basse ou s'il y a une carence en sélénium ou en vitamine D.
Deux noix du Brésil par jour : le sélénium pratique
Deux noix du Brésil par jour couvrent vos besoins en sélénium (environ 100 mcg, contre 55 à 70 mcg requis pour les adultes en bonne santé, avec une marge de sécurité adéquate). Pas plus de trois : le sélénium a une fenêtre thérapeutique étroite, et l'excès chronique provoque une sélénose. C'est le moyen le plus pratique, économique et agréable d'assurer un apport adéquat en sélénium pour votre thyroïde, sans suppléments. Conservez-les dans un récipient hermétique dans un endroit frais : les graisses s'oxydent.
Questions fréquemment posées
Quels aliments sont recommandés pour soutenir la santé thyroïdienne ?
Pour la santé thyroïdienne, les aliments riches en iode (algues, poisson, sel iodé), sélénium (noix du Brésil, thon, saumon), zinc (viande rouge, graines de courge) et fer (viande, légumineuses) sont importants. Ces nutriments favorisent la synthèse et la conversion des hormones thyroïdiens.
Comment la consommation de légumes crucifères crus affecte-t-elle la thyroïde en cas de carence en iode ?
Les légumes crucifères crus contiennent des goitrogènes qui peuvent interférer avec l'absorption de l'iode. Chez les personnes ayant une carence en iode préexistante, une consommation très élevée de légumes crucifères crus peut aggraver la fonction thyroïdienne. La cuisson réduit cet effet en inactivant les composés goitrogènes.
Comment puis-je optimiser la prise de lévothyroxine pour éviter les interférences alimentaires ?
La lévothyroxine doit être prise à jeun, au moins 30 à 60 minutes avant le petit-déjeuner. Les aliments et suppléments tels que le calcium, le fer, le soja, le café et les fibres élevées doivent être espacés du médicament d'au moins 4 heures pour éviter les réductions de l'absorption du médicament.
Quand est-il utile de supplémenter le sélénium dans l'alimentation pour quelqu'un atteint de thyroïdite de Hashimoto ?
La supplémentation en sélénium (environ 200 mcg par jour) est utile dans la thyroïdite de Hashimoto pour réduire les anticorps anti-thyroïdiens et protéger la glande du stress oxydatif. Deux noix du Brésil par jour sont un moyen pratique d'atteindre cet apport sans excès.
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